L’Intelligence Artificielle, source de mutations

Au cours des 15 prochaines années, l’intelligence artificielle transformera le monde tel que nous le connaissons aujourd’hui. C’est du moins ce qu’affirme l’étude de la prestigieuse Université de Stanford, intitulée “Artificial Intelligence and Life in 2030”. Pour fournir cette vision prospective, l’Université s’appuie sur une quinzaine d’experts, dont l’ambition est de proposer une étude académique d’une durée de cents ans, qui sera révisée tous les cinq ans pour évaluer l’état des avancées techniques de l’Intelligence Artificielle et ses impacts sur la société. Les auteurs mettent ainsi en avant la modification des économies et société, du fait des progrès et de l’avancée en matière de systèmes intelligents. De nombreux auteurs ont également apporté leurs points de vue sur la question.


Selon Éric Cohen, plusieurs études réalisées en 2016 sur l’impact de l’IA à l’horizon 2035 explorent le rôle qu’aura l’IA dans l’amélioration de la performance économique. Ces études soulignent en effet que la croissance économique d’un pays ne s’évaluera plus en fonction de son capital mais en fonction de son degré de maturité en IA. En France, l’IA devrait augmenter la productivité nationale de plus de 20 % d’ici 2035.

Mais au delà de l’économie de la société, il faut aussi décrypter les mutations attendues pour les organisations. L’IA modifiera en effet leur structure en leur offrant la possibilité d’accroître leur flexibilité et l’autonomie des collaborateurs, et conduira à l’émergence de nouveaux modes de travail et d’organisation. Par exemple, selon Gilles Marchant, en matière de recrutement, l’IA permet d’affiner les recherches en utilisant des algorithmes qui font appel à des critères précis, amenant alors à un élargissement du champ des possibilités à la fois pour le candidat, et le recruteur. Sur ce point, nous notons d’ailleurs l’émergence de nombreuses start-up dans le secteur des RH et du recrutement, comme PitchMyJob, Coxibiz, MonkeyTie, MeetnMake, MindMatcher, Braincities, etc. Elles ont développé des outils novateurs voire insolites afin de pouvoir trouver le job de ses rêves.

Ces mutations au sein des organisations iront ainsi de pair avec une nécessaire modification des politiques et pratiques de RH.

Enfin, selon Michel Barabel, cette révolution industrielle et technologique pousse les individus à se positionner en tant que Technophile (Individu ayant intégré la dimension numérique, et digitale et s’inscrivant dans cette démarche) ou Technophobe (individu déraciné et déboussolé, n’adhérant pas à cette dimension technologique). D’ailleurs, selon lui, le scénario le plus probable de l’impact de l’IA sur l’emploi n’est pas une disparition massive des emplois, voire la fin du travail, mais une modification de la structure de chaque emploi avec une proportion plus ou moins importante de tâches automatisables (de 0 à X% de l’emploi) et la nécessité pour les individus de recentrer ou de développer leurs tâches non automatisables à savoir celles nécessitant des compétences humaines (soft skills, mad skills).

Le statut des robots et l’IA soulèvent toutefois d’autres interrogations, comme celle de l’encadrement et la question de l’éthique : que peut-on laisser faire à la machine ? Il invite également à s’interroger, par exemple, sur la nécessité d’inventer un nouveau contrat social.

Posted on: 25 mai 2017, by : M2 GRH Multinationales