Conférence ARRI: « les Enjeux Géopolitiques d’Aujourd’hui »

C’est avec grand plaisir que le 1er décembre dernier, les étudiants du M2 GRH dans les entreprises multinationales, ont pu assister à la conférence de l’ARRI sur

« Les enjeux géopolitiques d’aujourd’hui ».

L’Association Réalités et Relations Internationales (ARRI), présidée par Monsieur Jean Michel FAUVE, réunit des personnalités ayant en commun l’envie de promouvoir dans la société française, l’idée d’une meilleure connaissance des réalités internationales.

En 1973, Paul Delouvrier et André Cruiziat créent le Centre de formation aux Réalités Internationales (CEFRI). Il donne le jour, en 1983, à Alerte aux Réalités Internationales (ARI). Ainsi, dans sa configuration actuelle, ARRI est le fruit de multiples fusions ayant eu lieu de 1999 à 2006. Elle compte aujourd’hui environ 720 membres.

Ces activités s’organisent autour de quatre pôles : des rencontres avec des personnalités sur des thèmes liés à la vie internationale ; des conférences spécialisées en fonction de l’actualité ; une information sur la vie internationale par l’intermédiaire de « La lettre Bimestrielle », de son bulletin « Regards sans frontières » et de son « Observatoire de médias étrangers » ; des voyages d’étude et d’information.

L’ARRI a pour ambition d’aider à mieux comprendre les enjeux et les conséquences de la mondialisation.

Au cours de cette conférence, nous avons ainsi pu découvrir ou redécouvrir les enjeux géopolitiques du monde d’aujourd’hui pour acquérir une meilleure compréhension des événements actuels.

Aujourd’hui, la mondialisation modifie profondément les relations humaines, les perspectives économiques et les données géopolitiques.

Ces dernières années, la forte internationalisation des entreprises s’est accompagnée de nouvelles exigences pour la fonction des Ressources Humaines et ses titulaires. L’opinion publique assimile souvent l’internationalisation des entreprises aux délocalisations, aux fermetures d’usines, à l’intensification de la concurrence étrangère et plus globalement à la destruction du tissu industriel français. Cependant, l’analyse des études les plus récentes fait apparaître une réalité plus contrastée. Certes, les conséquences néfastes de l’internationalisation sont connues de tous, mais elle peut aussi avoir un effet positif sur l’activité économique dans son ensemble (productivité, innovation, croissance). C’est pourquoi il est important de mesurer avec pertinence l’ensemble des répercussions (positives comme négatives) de l’internationalisation.

Cette séance nous a permis de mieux comprendre les enjeux géopolitiques de plusieurs régions du monde.

Cette prise de conscience nous paraît aujourd’hui essentielle et nous pousse à partager les axes de réflexion qui ont émergé durant la conférence.

Jean-Michel Fauve insiste tout d’abord sur le rôle de l’Europe : un rôle important et nécessaire mais qui reste incomplet. Pour lui, le rôle de l’Europe doit être propulsé au service du développement et la crédibilité de son intervention est liée à la réussite de son projet de paix, reconnu d’ailleurs à travers le prix Nobel qui lui a été attribué en octobre 2012 et qui a motivé sa création. Des incohérences sont toutefois relevées : l’existence d’une monnaie unique sans convergence économique, ou encore des divergences concernant les politiques étrangères communes.

Un enjeu géopolitique majeur est ainsi mis en lumière : celui de la nécessité d’un renouveau économique pour démontrer la solidité du projet européen.

Nous sommes également invités à nous pencher sur la situation de l’Amérique du Sud qui connait en 2016 une récession et une croissance négative. Il s’agit cependant d’une zone ayant un intérêt toujours marqué pour les États-Unis et où les investissements chinois sont en hausse, notamment dans le domaine industriel. La fin du conflit avec les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) marque un changement pour ce continent dont l’avenir est devant lui.

Sur la situation de l’Afrique, réserve de la croissance du monde, nous sommes interpellés par les données prévisionnelles suivantes : 350 millions d’habitants aujourd’hui, 2 milliards en 2050. Le développement de l’Afrique apparait donc comme une nécessité, et une opportunité pour le marché mondial. Pourtant, l’union africaine n’intéresse pas et certains pays restent dans l’ombre, comme la Sierra Leone, déchirée par la guerre civile liée à ses réserves de diamants.

La Russie revêt également un risque géopolitique très important. Jean-Michel FAUVE nous alerte sur sa démographie catastrophique : perte d’un tiers de sa population d’ici 2050, liée notamment à l’espérance de vie de la population Russe comparable à celle de la France en 1945. L’économie du pays, trop dépendante du prix des hydrocarbures, et aux mains d’une élite économique très restreinte et très en lien avec la classe politique, ainsi que sa gouvernance trop autoritaire sont également des points d’alerte.

Que dire en outre de la situation alarmante du Moyen-Orient : la plupart des pays sont récents (une centaine d’années tout au plus) et les frontières y sont artificielles. D’où l’importance d’une discussion entre les Etats-Unis, l’Europe et la Russie afin de convenir d’un plan d’action.

Notre tour d’horizon s’achève avec le Japon, en rivalité avec la Chine et qui adopte une nouvelle politique militaire. Il s’agit d’une économie encore forte, pourtant, on relève des points préoccupants au niveau démographique, notamment un faible taux de nationalités étrangères (moins de 1%) et des traditions pesantes au niveau sociétal : bien que le pays soit très développé et au rang de 3e puissance mondiale, il est à noter que peu de femmes travaillent et que le taux de natalité reste faible.

Certaines préoccupations restent toutefois universelles. Du changement climatique, dont les répercussions sont planétaires, à la révolution technologique dont les effets dépassent les Etats, en passant par l’insécurité et le terrorisme, nous comprenons qu’une coopération internationale est requise sur de nombreux sujets.

Jean-Michel FAUVE a eu la chance de parcourir le monde grâce aux différentes fonctions qu’il a occupées. Il nous a ainsi livré de nombreuses anecdotes nous permettant d’étoffer notre compréhension du paysage international actuel pour mieux appréhender les enjeux géopolitiques des prochaines décennies.

Cette présentation s’est terminée par un échange entre les étudiants du M2 GRH dans les EMN, le Président de l’ARRI ainsi que les autres membres de l’association.

Nous tenons tout d’abord à remercier Monsieur FAUVE pour la qualité de son intervention et la passion avec laquelle il a mené les discussions. Nous remercions également l’ARRI et tous ses membres pour le partenariat qu’ils entretiennent depuis plusieurs années avec notre Master.

Posted on: 25 janvier 2017, by : M2 GRH Multinationales