C’est quoi être VIE à Budapest ?

Timea H, 28 ans, VIE en Hongrie nous raconte son expérience.

Quelques mots sur le contexte de départ

C’était au printemps 2013, j’étais à la fois à la recherche d’un emploi dans le domaine commercial et marketing stratégique à Paris tout en suivant un nouveau master de recherche dans le domaine du Cinéma et de l’Audiovisuel à la Sorbonne, quand l’entreprise française Parkeon m’a contactée afin de passer un entretien pour un VIE d’un an en Hongrie. Comme j’ai grandi en Hongrie depuis le plus jeune âge et étudié au Lycée Français de Budapest, cela me disait bien de repartir à Budapest pour un nouveau poste.
De plus, le fait que Parkeon cherchait à l’époque une personne ayant un BAC+5, un peu d’expérience en commerce international et qui parlant français, anglais et hongrois, cela me convenait bien pour un premier poste.
A l’époque j’avais déjà un BAC+5 en Commerce et Affaires Internationales en poche que j’ai obtenu à l’UPEC en 2011. Dans le cadre de ce cursus, j’ai pas mal voyagé pour effectuer des stages en entreprise (Allemagne, Hongrie), puis j’ai passé 6 mois en Erasmus à l’Université d’Economie et de Gestion à Vienne (Autriche). Donc, je connaissais déjà une partie de l’Europe Centrale et de l’Est.
On m’a recruté dans l’objectif de développer le marché hongrois, puis l’équipe de Parkeon m’a confié d’autres pays à développer au fur et à mesure des mois qui ont suivi. Au bout d’un an, mon contrat VIE a été reconduit pour une nouvelle année et on m’a récemment proposé un CDI. (Je n’ai pas encore signé officiellement, mais cela devrait se faire très bientôt.)

En ce qui concerne mon âge, j’ai commencé mon activité auprès de cet acteur mondial de vente en parcmètre à environ 26 ans.

Comment avez-vous été préparée à votre départ en Hongrie ?

En 2011, j’ai eu la chance d’avoir effectué mon stage de fin d’étude auprès de Business France à Budapest. Ainsi, je connaissais plutôt bien le cadre où j’allais me retrouver. De plus, le fait d’avoir vécu en Hongrie durant ma jeunesse m’a permis de retourner en quelque sorte « au pays » et donc mon intégration s’est faite automatiquement une fois en étant sur le terrain. En parallèle de cela, Business France a organisé une journée de formation à laquelle il était obligatoire de participer.
Malgré la connaissance de la destination, je dois avouer que cela s’était fait avec quelques difficultés au début de mon installation. La personne avec qui j’ai passé mes entretiens a quitté l’entreprise avant que je puisse commencer ma formation chez Parkeon. Cela était une situation un peu embarrassante, car personne ne m’a vraiment encadré depuis mon premier jour de formation.
J’ai dû repartir en France pour ma formation trois jours plus tard. Le seul problème avec le changement de la RH, c’était le fait que personne ne connaissait les conditions du contrat signé entre l’entreprise et la CCIFH et d’un point de vue personnel, à part mes billets d’avion et de train, afin de me rendre en France, j’ignorais aussi tous les détails liés à mon hébergement et l’adresse où je devais me rendre. Pour illustrer : le jour où je me suis retrouvée à la gare à destination, j’ignorais dans quel hôtel Ibis l’entreprise avait réservé mon hébergement. Etant donné qu’il existait bien 8-10 hôtels Ibis dans le coin, j’avais le choix pour les retrouver.
A part cela, je pense que ce qui n’a pas facilité les choses durant mon installation et ce les premiers jours, c’est que j’étais la seule de l’entreprise à travailler sur le territoire hongrois. Donc, personne ne pouvait me guider une fois sur place.

Quelles différences culturelles ?

Comme la Hongrie fait partie de l’Union européenne et que j’avais la chance de parler la langue locale, je ne ressentais aucune différence culturelle avec la France. En revanche, le fait qu’on m’a ouvert mes missions vers les pays limitrophes, j’ai bien eu plusieurs défis à trouver ma place dans le cadre professionnel, puisque je ne parle ni roumain, ni croate, ni bulgare. Ainsi, il faut toujours trouver le bon moyen de communiquer avec les locaux qui ne parlent pas toujours l’anglais et que le hongrois soit parfois mal vu pour des raisons politiques dans certains de ces pays à proximité de la Hongrie.

Quelles difficultés rencontrées ?

Voir les problèmes liés à mes premiers jours d’installation.
Puis, les problèmes linguistiques avec les différences culturelles liées aux pays situés à côté de la Hongrie.
A part cela, je rencontrais surtout des difficultés liées à un manque de communication par l’entreprise envers le VIE. Puis, un point que je trouve particulièrement difficile à gérer c’est que les avances de frais en cas de déplacement commercial doivent être faites directement par le VIE, car nous sommes considérés comme des sous-traitants pour l’entreprise. Ainsi, pour des raisons juridiques, l’entreprise n’a pas le droit de nous verser des sommes directement sur notre compte en banque.
Le résultat est que je me retrouve jusqu’à aujourd’hui à avancer de gros montants pour l’entreprise qui sont prélevés directement de mon indemnité de VIE. En ce moment, je suis responsable d’un projet de tournée de démonstration de produits dans plusieurs pays de l’Europe Centrale et de l’Est où non seulement on utilise plusieurs monnaies nationales pour assurer notre hébergement et les carburants. L’entreprise rembourse à la fin de la mission commerciale (heureusement !).

Quels conseils pour les futurs VIE ?

J’encourage les jeunes à partir faire un VIE de tout mon cœur, mais je pense qu’il faut se préparer à certaines situations, comme dans mon cas, où les débuts peuvent être difficiles si l’entreprise nous encadre moyennement et d’autant plus si on se retrouve seul(e) sur le terrain d’accueil. Il ne faut pas paniquer, mais être un minimum débrouillard afin de sortir de ces situations atypiques.

Posted on: 28 juin 2015, by : M2 GRH Multinationales